Le président américain Donald Trump a intensifié jeudi ses attaques contre les Américains d’origine somalienne, les accusant de constituer une menace pour le Minnesota et d’y propager la violence et le chaos, appelant les habitants de l’État à agir et les autorités locales à demander une intervention fédérale. Trump a écrit sur sa plateforme Truth Social que le Minnesota, « autrefois un grand État, est désormais sous le contrôle des immigrés somaliens ».
Keith Ellison rejette les accusations de Trump contre les Somaliens
Il a ajouté que l’État était confronté à « la violence, aux meurtres et au chaos », exhortant ses habitants à combattre ce qu’il a qualifié de menace. Le procureur général du Minnesota, Keith Ellison, a répondu à la publication du président en déclarant que les Somaliens étaient « nos voisins et qu’ils faisaient partie du Minnesota ». Il a affirmé que l’État qu’il connaissait et aimait était « bien plus grand que ce sectarisme ».
Entre 221 000 et 259 000 personnes d’origine somalienne vivent aux États-Unis, selon les statistiques officielles. Leur plus importante communauté se trouve dans le Minnesota, notamment dans la ville de Minneapolis, où leur nombre est estimé à environ 108 000, soit près d’un cinquième de la population de la ville.
Ce poids démographique a contribué à donner à la communauté une présence politique, illustrée par l’élection d’Ilhan Omar dans une circonscription de Minneapolis, faisant d’elle la première femme portant le voile dans l’histoire du Congrès américain. Les données de l’American Community Survey du Bureau du recensement indiquent que le nombre de Somaliens résidant irrégulièrement dans le pays est extrêmement faible.
L’immense majorité d’entre eux sont entrés aux États-Unis après 1990 en déposant des demandes d’asile, tandis qu’environ 92 % ont la nationalité américaine. Les autres résident avec une carte verte ou dans le cadre de programmes spéciaux de protection. La publication de Trump s’inscrit dans le prolongement de précédentes déclarations visant les immigrés somaliens.
De précédentes déclarations et une affaire de corruption ont alimenté les attaques de Trump
En décembre 2025, il les avait attaqués après que plusieurs d’entre eux eurent été inculpés dans une affaire de corruption financière au Minnesota. Il avait déclaré ne pas vouloir leur présence dans le pays, ajoutant que les États-Unis « prendraient le mauvais chemin s’ils continuaient à accueillir les ordures ». Trump a régulièrement évoqué une affaire remontant à 2020, dans laquelle des dizaines de personnes avaient été accusées d’avoir détourné des millions de dollars d’un programme d’alimentation des enfants financé par le gouvernement fédéral.
Plusieurs Américains d’origine somalienne figuraient parmi les personnes inculpées dans cette affaire. En mai, Amy Bock, qui dirigeait l’organisation à but non lucratif impliquée dans l’affaire et qui n’était pas une immigrée somalienne, a été condamnée à 41 ans de prison. Le jugement est intervenu après sa condamnation l’année précédente comme cerveau du stratagème. Trump s’est appuyé sur cette affaire dans sa campagne contre le Minnesota, dirigé par les démocrates.
Une campagne d’arrestations et un conflit politique à l’approche des élections de mi-mandat
L’État a connu plus tôt dans l’année une vaste campagne d’arrestations et d’expulsions d’immigrés, ainsi que des mesures visant à restreindre les programmes de services sociaux. Les démocrates estiment que le discours de Trump vise à détourner l’attention des électeurs des conséquences de ses politiques, alors que les élections de mi-mandat prévues en novembre approchent.
Des défenseurs des droits civiques accusent également le président américain d’adopter un discours hostile envers les minorités et les immigrés.