L’analyse du matériel génétique de Jonathan, une tortue géante considérée comme la plus vieille créature terrestre vivante au monde, a révélé 287 variants génétiques associés à la protection des cellules contre les dommages qui s’accumulent avec l’âge. Les chercheurs ont également relevé des signes d’efficacité des gènes responsables de la réparation de l’ADN et de la réduction des inflammations.
Une activité génétique élevée malgré un vieillissement exceptionnel
L’étude, publiée dans la revue scientifique « Science Advances », a montré que Jonathan conservait un niveau adéquat d’activité génétique malgré son âge exceptionnel. Cette capacité fait partie des mécanismes qui déclinent généralement chez de nombreux êtres vivants au fil du temps, affectant les fonctions cellulaires et leur capacité à résister aux dommages.
Les chercheurs estiment que la lenteur du métabolisme des tortues géantes pourrait contribuer à leur longévité. Un métabolisme plus lent réduit les réactions chimiques qui se produisent à l’intérieur des cellules et, par conséquent, les dommages causés aux cellules et à l’ADN au fil du temps. Les scientifiques ont comparé Jonathan à des tortues plus jeunes de la même famille, et les résultats ont révélé des similitudes dans certaines caractéristiques génétiques.
Les mitochondries au centre de nouvelles recherches sur la longévité
Les mitochondries, les structures responsables de la production d’énergie à l’intérieur des cellules, ont également montré un état remarquablement bon malgré l’âge très avancé de la tortue. Le principal chercheur de l’étude, Stephen Clarke, a déclaré que ces résultats renforçaient l’intérêt scientifique pour le rôle que les mitochondries pourraient jouer dans la longévité.
Il a ajouté que son équipe travaillait à identifier des médicaments susceptibles d’améliorer leur fonctionnement, en vue de tester ces traitements dans le cadre d’essais cliniques sur l’être humain au cours de l’année ou des deux prochaines années. Jonathan vit sur l’île de Sainte-Hélène, un territoire britannique situé dans le sud de l’océan Atlantique, et appartient à l’espèce des tortues géantes d’Aldabra, originaires des Seychelles.
L’estimation de son âge repose sur une photographie prise en 1882, sur laquelle il apparaît déjà pleinement développé et adulte. Sur la base de cette photographie, le 4 décembre 1832 a été retenu comme date officielle de naissance de Jonathan. Les chercheurs n’excluent toutefois pas que son âge réel ait dépassé 200 ans.
La tortue pèse environ 180 kilogrammes et reste active malgré la perte de la vue due à la cataracte. Les scientifiques ont souligné que les résultats obtenus ne suffisaient pas, à eux seuls, à expliquer pleinement la longévité de Jonathan.
Pour les vérifier, il faudra étudier d’autres tortues ainsi que différentes espèces animales connues pour leur longévité, afin de déterminer si ces caractéristiques génétiques constituent un trait général associé à la longévité ou un cas exceptionnel propre à Jonathan.