Les forces de sécurité intérieure relevant du ministère de l’Intérieur à Deraa ont annoncé, samedi 15 août 2026, l’arrestation de Mous'ab Abou Rakbé, ancien lieutenant-colonel de la branche de la Sécurité politique dans le gouvernorat de Raqqa, après son retour d’Autriche, où il avait été condamné à huit ans de prison avant de faire appel.
Condamnation à la prison et appel devant la justice autrichienne
Le tribunal de Vienne avait condamné, le 6 juillet 2026, Abou Rakbé à huit ans de prison, après l’avoir reconnu coupable de « crimes de torture, de violences physiques et de crimes sexuels contre des détenus civils », alors qu’il dirigeait la section des enquêtes criminelles à Raqqa entre 2011 et 2013. Abou Rakbé a fait appel.
Départ d’Autriche pendant la procédure d’appel
L’agence Reuters a rapporté, vendredi 14 août, citant quatre sources, qu’Abou Rakbé avait quitté l’Autriche pendant la procédure d’appel et était arrivé début août dans sa ville natale, Nawa, dans le gouvernorat de Deraa, après avoir vécu plus de 10 ans en Autriche.
Un porte-parole du tribunal autrichien a déclaré à l’agence que les autorités judiciaires n’avaient pas placé Abou Rakbé en détention dans l’attente de son procès et ne lui avaient imposé aucune restriction concernant ses déplacements ou sa résidence, car elles n’avaient pas estimé qu’il risquait de prendre la fuite, compte tenu du fait qu’il vivait avec sa famille en Autriche depuis 2014.
Le porte-parole a confirmé que le départ d’Abou Rakbé d’Autriche pendant la procédure d’appel, avant qu’une décision définitive ne soit rendue dans son affaire, ne constituait pas une violation des lois ou des décisions de justice autrichiennes.
Réception et appels à ce qu’il rende des comptes
Selon des sources syriennes, la famille d’Abou Rakbé a organisé une réception à son retour, à laquelle elle a convié des personnalités et des responsables locaux, indiquant dans l’invitation qu’il avait été « libéré de prison » en Autriche. La réception a eu lieu avant l’annonce de son arrestation à Deraa par les forces de sécurité intérieure.
Le retour d’Abou Rakbé et la réception organisée en son honneur ont suscité la controverse parmi les Syriens. Des militants du gouvernorat de Raqqa ont lancé sur les réseaux sociaux une campagne réclamant qu’il rende des comptes, l’accusant d’avoir participé à la répression des manifestations pacifiques dans la ville entre 2011 et 2013, avant de quitter le pays par la suite.
