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L’Espagne et le Maroc renforcent l’alerte à la frontière de Ceuta après des appels pour le « 15/08 »

L’Espagne et le Maroc ont relevé le niveau d’alerte à la frontière de Ceuta après la diffusion en ligne d’appels à une tentative de passage collectif le 15 août, avec un renforcement des restrictions d’accès à la zone et le maintien de l’ouverture du poste de Tarajal aux détenteurs des documents requis.

SawtiSawti
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L’Espagne et le Maroc renforcent l’alerte à la frontière de Ceuta après des appels pour le « 15/08 »

L’Espagne et le Maroc ont renforcé, samedi, les mesures de sécurité à la frontière avec la ville espagnole de Ceuta, en prévision d’une tentative de passage collectif après la diffusion, sur les réseaux sociaux, d’appels à se rendre dans la région le 15 août, tandis que la situation est restée calme au poste-frontière durant les heures de la matinée.

Appels en ligne et déploiement massif des forces de sécurité

Selon le quotidien espagnol « El País », des comptes et des groupes réunissant des milliers d’utilisateurs sur « Facebook », « Instagram », « TikTok » et « WhatsApp » ont relayé des appels portant notamment les slogans « 15/08 » et « l’assaut », à l’approche du jour férié du 15 août en Espagne.

Dans la ville marocaine de Fnideq, située face à Ceuta, les autorités ont renforcé leur déploiement dans le cadre de ce qu’elles ont appelé « l’opération Cage », afin d’empêcher les jeunes de gagner la zone frontalière. Les mesures comprennent la mise en place de barrières, de barbelés, de canons à eau, de véhicules blindés et d’unités antiémeutes, ainsi que des patrouilles de la Marine royale et des hélicoptères.

Les autorités ont imposé de strictes restrictions d’accès à la zone, tandis que le poste de Tarajal est resté le seul point de passage ouvert, l’accès étant limité aux détenteurs des documents requis et les opérations de fouille et de contrôle commençant avant l’arrivée à la frontière.

Arrestation de suspects accusés d’avoir incité au passage

La mobilisation est intervenue après l’annonce, quelques jours plus tôt, par le ministère marocain de l’Intérieur, de l’arrestation d’un groupe de personnes soupçonnées d’avoir incité à des tentatives de passage illégal du Maroc vers Ceuta et Melilla. Le ministère a déclaré avoir pris les mesures nécessaires pour empêcher toute nouvelle tentative et intercepter les participants.

Ces mesures interviennent après une tentative collective qui a eu lieu à Ceuta les 30 et 31 juillet, et qui, selon l’article de référence, a impliqué près de 80 000 personnes ayant tenté de rejoindre illégalement le côté espagnol.

Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a accusé les réseaux de passeurs d’avoir exploité l’interprétation d’une décision de justice concernant le renvoi des personnes arrivant par la mer. Le gouvernement de Madrid a également annoncé la création à Ceuta d’un centre temporaire destiné à accélérer les procédures de renvoi des personnes dont le maintien sur le territoire ne repose sur aucun fondement légal.

Répercussions et divergences au sein de l’Union européenne

Les répercussions de la crise se sont étendues au sein de l’Union européenne, l’Italie ayant annoncé la suspension de l’accord de libre circulation « Schengen » avec l’Espagne et le rétablissement de contrôles pour les personnes en provenance de ce pays, invoquant des préoccupations liées à la sécurité nationale et les conséquences de la vague migratoire à Ceuta.

Madrid a convoqué l’ambassadeur d’Italie pour protester contre les déclarations de responsables à Rome, tandis que l’Espagne a, en retour, rétabli temporairement des contrôles pour les personnes arrivant d’Italie.

Ces développements ont suscité un débat européen sur la gestion des vagues migratoires soudaines et la coordination en matière de frontières, parallèlement aux critiques internes auxquelles le gouvernement espagnol a été confronté concernant sa gestion de la crise.