L’Érythrée a demandé au Conseil de sécurité des Nations unies de prendre des mesures dissuasives contre l’Éthiopie et de condamner ce qu’elle a qualifié de « déclaration de guerre », après qu’Addis-Abeba a accusé les forces érythréennes d’avoir lancé une « invasion à grande échelle » sur son territoire, alors que les tensions militaires et diplomatiques entre les deux pays s’intensifient.
Asmara a déclaré, dans une lettre adressée au Conseil de sécurité et consultée samedi par Reuters, que les accusations éthiopiennes constituaient une « déclaration de guerre » et qu’elles s’inscrivaient dans le cadre de « tentatives visant à justifier le lancement d’une attaque militaire contre elle ». L’Érythrée a démenti les informations faisant état d’une incursion de ses forces en territoire éthiopien.
Le ministre érythréen des Affaires étrangères, Osman Saleh, a décrit ces accusations comme faisant partie d’un plan éthiopien destiné à justifier une « guerre d’agression », appelant les Nations unies à intervenir sur le fondement du chapitre VII de sa Charte, qui permet d’adopter des mesures allant de l’imposition de sanctions jusqu’au recours à la force militaire.
L’Éthiopie demande le retrait des forces érythréennes
La position érythréenne est intervenue après que le gouvernement éthiopien a appelé le Conseil de sécurité à exercer des pressions en faveur du retrait immédiat des forces érythréennes de son territoire. Cette demande figurait dans une lettre adressée par le ministre éthiopien des Affaires étrangères, Gedion Timothewos, le 8 octobre, et consultée par un haut responsable gouvernemental éthiopien. Dans sa lettre, M. Timothewos a déclaré que la présence des forces érythréennes ne laissait à son pays d’autre choix que de se défendre.
Addis-Abeba a également estimé, selon des sources diplomatiques, que le franchissement de la frontière par les forces érythréennes constituait une invasion et une violation de la souveraineté de l’Éthiopie. De son côté, le ministre érythréen de l’Information, Yemane Gebre Meskel, a rejeté les informations faisant état de la présence de forces érythréennes dans la ville d’Adigrat, estimant qu’il s’agissait d’une tentative de l’Éthiopie de justifier le déclenchement d’une guerre contre son pays.
Détérioration des relations et tensions persistantes au Tigré
Cet échange d’accusations intervient alors que les relations entre Asmara et Addis-Abeba se détériorent. L’Érythrée avait rompu ses relations diplomatiques avec l’Éthiopie en réponse à la fermeture par cette dernière de son ambassade en Érythrée et à l’expulsion de dix diplomates érythréens, alors que les tensions militaires persistent dans l’extrême nord de la région du Tigré.