Le nationaliste serbe de Bosnie Milorad Dodik a annoncé la victoire de son parti aux élections organisées dimanche en Bosnie-Herzégovine, sur fond de pressions économiques et de tensions ethniques, alors que ce pays des Balkans attend de savoir s’il pourra rejoindre l’Union européenne.
Cvijanović en tête de l’élection à la présidence collégiale
Les résultats, après le dépouillement d’environ 90 % des voix, ont montré que Željka Cvijanović, alliée de Dodik et candidate du parti de droite Alliance des sociaux-démocrates indépendants, avait obtenu plus de 55 % des suffrages. Elle a ainsi remporté l’un des trois sièges de la présidence collégiale, avec environ 30 points d’avance sur sa plus proche rivale.
Dans la course aux deux autres sièges de la présidence collégiale, Denis Bećirović a obtenu 38,03 % des voix pour le siège bosniaque, tandis que Darjana Filipović a recueilli 48,19 % dans la course au siège croate. Lors d’une conférence de presse tenue tard dimanche soir, Dodik a déclaré que son parti nationaliste obtiendrait également une « majorité écrasante » au Parlement de la République serbe de Bosnie.
Il a attribué le résultat qu’il a annoncé à la « magnifique victoire » du président américain Donald Trump en 2024 et au soutien du président russe Vladimir Poutine. Dodik a ajouté: « Personne ne devrait nous demander de changer de politique. Nous ne nous rendrons pas, nous continuerons à travailler pour notre peuple… Je n’arrive pas à croire que nous ayons remporté cette grande victoire de cette manière ».
Un système de partage du pouvoir instauré après l’accord de paix
Quelque 3 millions 400 000 électeurs étaient appelés à choisir leurs responsables dans le cadre d’un système complexe de partage du pouvoir entre les Bosniaques musulmans, les Croates catholiques et les Serbes orthodoxes. Ce système découle de l’accord de paix conclu en 1995, après la guerre qui a ravagé le pays entre 1992 et 1995.
Les élections se sont déroulées dans un pays divisé, qui compte parmi les plus pauvres d’Europe. Elles ont constitué un test pour Dodik, âgé de 67 ans, qui dirige l’entité serbe depuis 2006. Il avait été destitué de la présidence en 2025 pour ne pas s’être conformé à l’autorité du haut représentant international chargé de superviser la mise en œuvre de l’accord de paix. Bien que le nom de Dodik, connu pour son soutien marqué à la Russie, ne figurât pas sur le bulletin de vote, il a dominé la campagne électorale.
Son discours séparatiste a fait craindre un regain d’instabilité en Bosnie, alors que les divisions ethniques persistent depuis la guerre. Lors du dernier rassemblement électoral de son parti, vendredi, Dodik a déclaré: « La Bosnie-Herzégovine est morte, c’est un État impossible et dénué de sens ».
Selon les données de la Commission électorale centrale, la participation s’est élevée à 41,48 %, en baisse d’environ 10 points par rapport aux élections générales organisées le 2 octobre 2022, lorsqu’elle avait atteint 51,45 %.