Retour à l'accueil
Actualités

Le Kremlin écarte pour l’instant les chances d’un règlement diplomatique de la guerre en Ukraine

Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a déclaré que Moscou partageait l’évaluation du secrétaire d’État américain Marco Rubio selon laquelle les perspectives d’un règlement négocié de la guerre en Ukraine étaient actuellement limitées, tout en affirmant que la Russie restait attachée à une solution globale et durable plutôt qu’à des initiatives partielles portant sur des secteurs précis.

••4 min

Écouter cet article

Une version audio générée automatiquement.

0:00
0:00
Gros plan sur un homme aux cheveux gris et portant une moustache, vêtu d’un costume, à l’intérieur d’un bâtiment aux décors ornés.

Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a déclaré jeudi 8 octobre 2026 que Moscou ne voyait actuellement aucune perspective de règlement diplomatique de la guerre en Ukraine, disant partager l’évaluation du secrétaire d’État américain Marco Rubio sur l’impasse des négociations. Cette position répondait à des déclarations de M. Rubio, selon lequel les chances de parvenir à un règlement par la voie des négociations ne semblaient pas réunies pour le moment.

Moscou reste attachée à un règlement global et durable

Interrogé sur l’évaluation du secrétaire d’État américain, le porte-parole du Kremlin s’est contenté de confirmer que Moscou la partageait. Dmitri Peskov a expliqué que la Russie était favorable à un règlement global, et non au traitement de certaines parties isolées du conflit. Il a déclaré que Moscou souhaitait une solution permettant de parvenir à un règlement durable, appelé à se prolonger pendant de nombreuses années ou des décennies, plutôt que des arrangements limités à certains secteurs ou dossiers.

Le porte-parole du Kremlin a également évoqué des initiatives proposées par l’Inde pour contribuer à la désescalade. Il a déclaré que ces propositions restaient sur la table et que Moscou saluait les efforts de New Delhi. Il a toutefois estimé que les initiatives indiennes portaient sur des secteurs précis et ne constituaient pas, du point de vue de la Russie, un cadre global de règlement.

L’initiative indienne évoquée comprenait trois points visant à réduire les attaques contre les infrastructures énergétiques, à préserver la circulation commerciale en mer Noire et à protéger la navigation marchande. Interrogé sur la possibilité que ces initiatives débouchent sur un règlement diplomatique, Dmitri Peskov a répondu que cette perspective était peu probable à ce stade.

Le Kremlin lie la voie diplomatique aux positions de Kiev

Dmitri Peskov a ajouté que les déclarations du président ukrainien Volodymyr Zelensky montraient, selon l’évaluation du Kremlin, que les conditions préalables au lancement d’une voie diplomatique n’étaient pas réunies actuellement. Le porte-parole russe avait confirmé en septembre que Moscou maintenait ouverte la voie des contacts, tout en affirmant à l’époque que les conditions nécessaires au passage à un processus de paix n’étaient pas réunies.

M. Rubio avait décrit la guerre, dans un entretien accordé à un journal grec, comme étant entrée dans une impasse stratégique comportant des risques. Il avait expliqué que ce type d’impasse se termine généralement soit par un règlement négocié, soit par une escalade menée par l’une des parties ou par les deux, susceptible de dépasser les limites du conflit en cours.

Le secrétaire d’État américain a déclaré que Washington était prêt à jouer un rôle pour contribuer à une solution diplomatique, tout en soulignant que les efforts précédents n’avaient pas produit le résultat escompté. Il a lié l’impasse des négociations à l’insistance de la Russie pour obtenir le contrôle total de la région de Donetsk, une condition qu’il a présentée comme inacceptable pour l’Ukraine.

Les États-Unis mettent en garde contre un élargissement de l’escalade

M. Rubio a averti que l’escalade pourrait s’étendre, évoquant le risque que les conséquences de la guerre gagnent d’autres pays, ainsi que les attaques contre des navires en mer Noire et la possibilité que le réseau électrique ukrainien subisse davantage de frappes pendant l’hiver. Il a également relevé le renforcement des capacités de l’Ukraine à mener des attaques à longue portée en Russie. Lors d’une conférence de presse tenue plus tard à Lisbonne, M. Rubio a confirmé que l’administration américaine continuerait d’essayer de faciliter un règlement négocié mettant fin à la guerre.

Il a toutefois déclaré que les États-Unis n’avaient pas l’intention d’investir leurs ressources dans des démarches qu’ils jugeaient infructueuses s’il n’existait aucune possibilité de progresser.