Le nombre de déplacés dans le gouvernorat de Taëz, dans le sud du Yémen, a dépassé 100 000 personnes, sur fond d’intensification des combats entre les forces gouvernementales et le groupe Ansar Allah (les Houthis). Des dizaines de patients se retrouvent bloqués et ne peuvent regagner leurs régions par voie terrestre ou maritime. Les déplacés vivent dans des camps dépourvus des services essentiels, dont l’un se trouve à 40 kilomètres des lignes de front.
Les Houthis progressent sur les axes de la côte ouest
Les combats se sont intensifiés sur plusieurs axes, notamment sur la côte ouest, où les Houthis ont progressé et pris le contrôle des villes de Hays et d’Al-Khokha, qui étaient les derniers bastions des forces gouvernementales dans le gouvernorat de Hodeïda. Ils ont également pris le contrôle de quatre districts du gouvernorat de Taëz, notamment Al-Mokha et Zou Bab, jusqu’à la région de Bab el-Mandeb.
Les attaques terrestres lancées par les Houthis au début du mois de septembre dernier avaient été précédées d’une escalade marquée par des tirs de missiles et des attaques de drones visant des zones sous le contrôle du gouvernement yéménite, ainsi que par des attaques dirigées contre l’Arabie saoudite et ses navires en mer Rouge. Parmi les personnes bloquées figure Amna, une femme sexagénaire qui a parcouru par mer plus de 400 kilomètres, depuis le nord du gouvernorat de Hajjah jusqu’à Taëz, pour subir deux opérations chirurgicales.
Les personnes bloquées réclament leur retour et une prise en charge humanitaire
Son retour s’est compliqué après la prise de contrôle de la côte ouest par les Houthis et les attaques visant le trafic maritime, la laissant bloquée loin de son domicile. Amna et 38 autres personnes bloquées à Taëz, soumise au siège des Houthis, réclament une aide humanitaire leur permettant de regagner leur foyer au plus vite, ainsi que l’accès aux soins et à la nourriture dont elles ont besoin.
Dans le camp d’Al-Ghazaliya, situé à 40 kilomètres des fronts, Taghrid fait face à des conditions de vie difficiles après avoir fui les combats sur la côte ouest. Elle a fui à pied, sans nourriture, avec ses cinq enfants orphelins, et a été déplacée avec eux dans quatre camps, sans pouvoir assurer les soins de son fils malade, âgé de deux ans.
Le directeur du bureau de la planification et de la coopération internationale à Taëz, Nabil Jamel, a déclaré que le gouvernorat traversait une situation critique, le nombre de déplacés ayant dépassé 100 000 personnes. Il a ajouté que les interventions humanitaires restaient faibles et ne couvraient pas l’ampleur de la catastrophe, malgré la présence d’environ 20 organisations, alors que l’escalade militaire des Houthis vers le centre de la ville se poursuit.