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Technologie

L’intelligence artificielle conçoit 16 virus bactériens vivants, suscitant des inquiétudes sécuritaires

Des chercheurs de l’« Arc Institute » ont utilisé le modèle d’intelligence artificielle « Evo » pour concevoir des virus bactériens. Seize génomes ont permis de créer des virus viables, suscitant à la fois l’espoir d’applications médicales et des craintes quant à un détournement de la technologie.

SawtiSawti
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L’intelligence artificielle conçoit 16 virus bactériens vivants, suscitant des inquiétudes sécuritaires

Des chercheurs de l’« Arc Institute » en Californie, aux États-Unis, sont parvenus à utiliser l’intelligence artificielle pour concevoir des virus bactériens vivants qui n’existent pas dans la nature. Seize génomes ont ainsi permis de créer des virus viables capables d’infecter des bactéries E. coli et de se multiplier à l’intérieur de celles-ci. Cette expérience ouvre des perspectives médicales tout en suscitant des inquiétudes liées à la biosécurité et au risque d’un détournement futur de cette technologie, selon le quotidien américain « New York Times ».

De 700 000 designs à 16 virus vivants

L’équipe s’est appuyée sur un modèle d’intelligence artificielle baptisé « Evo », entraîné à lire les séquences d’ADN d’environ 2 millions de virus. Le modèle a produit près de 700 000 designs génétiques virtuels, avant que les chercheurs ne filtrent les résultats et n’en fabriquent 300 en laboratoire.

Les scientifiques ont testé 285 génomes, dont 16 ont permis de créer des virus viables. Les virus conçus ressemblent au virus Phi X-174 et appartiennent à la catégorie des « bactériophages », qui ciblent uniquement les bactéries et ne présentent pas de danger pour l’être humain.

Des perspectives médicales potentielles

Les scientifiques estiment que cette technologie pourrait contribuer au développement de thérapies géniques, de vaccins et de médicaments, à une meilleure compréhension des virus, ainsi qu’à la mise au point de traitements contre les bactéries résistantes aux antibiotiques.

Des précautions qui ne dissipent pas les inquiétudes

Par mesure de précaution visant à limiter les risques de détournement, les chercheurs n’ont pas entraîné le modèle sur des virus infectant les êtres humains, les animaux ou les plantes. L’expérience a néanmoins suscité des mises en garde contre la possibilité que l’intelligence artificielle soit utilisée à l’avenir pour concevoir des agents pathogènes dangereux ou des armes biologiques, renforçant les appels à établir des cadres juridiques, éthiques et réglementaires pour encadrer ces capacités.