L’agence Bloomberg a rapporté samedi que des divergences fondamentales restaient en suspens entre les États-Unis et le Canada à l’approche du 19/08/2025, date à laquelle Washington a menacé d’imposer des droits de douane de 50 % sur un éventail de produits canadiens. La négociatrice en chef du Canada, Janice Charette, a pour sa part indiqué que les deux pays avaient encore beaucoup de travail à accomplir pour parvenir à un accord provisoire.
Des négociations menées dans un calendrier serré
Charette a indiqué à un groupe consultatif gouvernemental qu’un important travail restait à accomplir par les deux pays avant de parvenir à un accord provisoire. Les négociations devaient se poursuivre tout au long du week-end, des responsables canadiens devant tenir des réunions à Washington afin de tenter d’apaiser les tensions commerciales.
Candace Laing, directrice générale de la Chambre de commerce du Canada et membre du comité consultatif du Premier ministre Mark Carney sur les relations économiques entre le Canada et les États-Unis, a déclaré que le calendrier serré constituait un véritable défi. Elle a ajouté que les discussions semblaient constructives, ce qui permettait de conserver quelques raisons d’être optimiste.
Washington exige l’abandon des mesures de rétorsion
Le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, a confirmé vendredi que le Canada devait abandonner ses mesures commerciales de rétorsion pour éviter de nouveaux droits de douane. Washington demande le retour des boissons alcoolisées américaines dans les magasins d’alcool publics des provinces canadiennes, après que la plupart des provinces eurent imposé une interdiction ou des restrictions en réaction aux droits de douane instaurés l’an dernier.
Les États-Unis cherchent également à obtenir des modifications concernant les quotas appliqués aux produits laitiers canadiens ainsi que les droits de rétorsion visant le secteur automobile. Ottawa demande de son côté une réduction des droits de douane américains imposés en vertu de l’article 232, qui affectent depuis plus d’un an les industries canadiennes de l’acier, de l’aluminium et de l’automobile.
Des mises en garde contre un élargissement du conflit commercial
Des responsables canadiens ont averti que l’imposition de droits de douane de 50 % ferait entrer le conflit dans une phase plus dangereuse. Carney a déclaré que toutes les options restaient sur la table si Washington mettait ces droits en œuvre, alors que des pressions intérieures poussent le Canada à riposter à son tour.
Laing a averti que de nouvelles mesures de rétorsion pourraient nuire au Canada lui-même en raison du degré d’intégration des deux économies. Elle a souligné que le gouvernement devait trouver un équilibre entre la riposte aux mesures américaines et la prévention de dommages supplémentaires pour les entreprises et les consommateurs canadiens.
La Maison-Blanche avait menacé d’imposer ces droits en s’appuyant sur une loi commerciale américaine datant de l’époque de la Grande Dépression. Le volume des échanges commerciaux entre les deux pays a atteint près de 900,000,000,000 dollars l’an dernier.



