À l’aube du lundi 5 octobre 2026, les forces gouvernementales yéménites ont lancé une vaste opération militaire baptisée « Aube du Yémen », visant à reprendre les institutions de l’État et la capitale, Sanaa, à mettre fin à ce que le gouvernement qualifie de « coup d’État des milices houthis », ainsi qu’à cibler les capacités et les membres du groupe sur plusieurs fronts.
Une escalade préalable a préparé le lancement de l’opération
Le lancement de l’opération est intervenu après une escalade militaire commencée entre les forces gouvernementales et les Houthis en juillet 2026, décrite comme la plus importante depuis l’accalmie relative qui avait suivi la trêve d’avril 2022. Les affrontements se sont intensifiés en septembre, lorsque les Houthis ont pris le contrôle de positions stratégiques dans les gouvernorats de Hodeïda et de Taëz, notamment la ville de Mokha et l’île de Mayyun, située au large du détroit de Bab el-Mandeb.
Un jour avant le début de l’opération, le président du Conseil de direction présidentiel, Rachad al-Alimi, a annoncé ce que la télévision publique a décrit comme « l’heure zéro » pour libérer le reste du territoire du pays sous le contrôle des Houthis. Le gouvernement yéménite accuse l’Iran de soutenir et d’armer le groupe. L’annonce d’al-Alimi a coïncidé avec celle des forces houthis, qui ont affirmé avoir progressé dans les zones rurales du gouvernorat de Taëz, dans le sud-ouest du Yémen.
Participation aérienne et sécurisation de Bab el-Mandeb
Cent avions de chasse de la coalition dirigée par l’Arabie saoudite ont participé à l’opération. Dans un communiqué, la coalition a déclaré que cette participation aérienne visait à assurer la protection du détroit de Bab el-Mandeb, un passage lié aux routes de navigation internationales de la mer Rouge. Durant les premiers jours, les forces gouvernementales ont annoncé avoir mené 1122 frappes sur les fronts de Saada, d’Al-Jawf, de Taëz et de la côte ouest.
Dans leurs communiqués, elles ont déclaré que les opérations avaient permis de « neutraliser » 1747 Houthis, ainsi que de détruire ou d’endommager 364 véhicules et équipements militaires. La coalition dirigée par l’Arabie saoudite a également annoncé la destruction de 324 cibles qu’elle a qualifiées de « haute valeur ». Sur le front de la côte ouest, les forces gouvernementales ont affirmé avoir pris le contrôle du district de Dhou Bab, de son aéroport et de positions stratégiques autour de Bab el-Mandeb, et avoir coupé la route reliant Dhou Bab à la ville de Mokha.
En revanche, les Houthis ont démenti toute progression des forces gouvernementales dans cette zone. Dans un développement ultérieur, les forces du Bouclier de la nation, les Brigades des Géants et la Résistance de la Tihama, soutenues par la résistance populaire et couvertes par les forces aériennes, ont annoncé avoir repris la ville de Mokha après de violents combats. Elles ont ajouté que leurs forces poursuivaient les opérations de ratissage dans les quartiers et les installations de la ville.
Mokha revêt une importance particulière en raison de sa proximité avec le détroit de Bab el-Mandeb et les routes de navigation internationales de la mer Rouge. L’opération a coïncidé avec des affrontements à l’est et à l’ouest de Taëz ainsi que dans les zones rurales du gouvernorat, accompagnés de tirs d’artillerie, de frappes aériennes et de déplacements de population. Le vice-ministre yéménite de la Défense, le général de brigade Samir Sabri, a déclaré que la première phase de l’opération était axée sur la sécurisation de Bab el-Mandeb, de Mokha et de son port, parallèlement à des opérations menées dans d’autres gouvernorats.
Un responsable américain a confirmé que Washington fournissait à l’Arabie saoudite un soutien comprenant la planification, l’échange d’informations et le ravitaillement en carburant. Il a ajouté qu’environ 200 conseillers américains travaillaient dans les centres de planification du royaume, tout en démentant une participation directe des forces américaines à la guerre au Yémen.